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Cannes 2026 : "Hors Compétition" mais au cœur du Festival

  • May 20
  • 3 min read

Au Festival de Cannes, plusieurs sélections non compétitives coexistent aux côtés de la compétition officielle. Les “Séances Spéciales” et les “Séances de Minuit” mettent en lumière des œuvres plus atypiques ou personnelles. Depuis 2021, “Cannes Premières” accueille de grands noms du cinéma dont les films ne correspondent pas forcément aux critères de la compétition. “Cannes Classics”, de son côté, célèbre le patrimoine cinématographique à travers des hommages et des documentaires consacrés au septième art.


La Vénus électrique, Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Photocall © Sameer AL-DOUMY / AFP
La Vénus électrique, Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Photocall © Sameer AL-DOUMY / AFP

Mais parmi toutes ces sections, le “Hors Compétition” occupe une place particulière. C’est l’espace où Cannes mélange cinéma d’auteur, films événements et grands noms du cinéma mondial, sans la pression de la Palme d’or. Et cette année encore, la programmation réunit plusieurs figures majeures du cinéma contemporain : Guillaume Canet, Quentin Dupieux ou encore YEON Sang-Ho.


Cannes a toujours montré des films hors compétions mais ce n’est que depuis 1970 que cette sélection existe sous la forme structurée.


Historiquement, c’est dans le cadre de la sélection Hors Compétition que l’on trouve des grosses productions hollywoodiennes, des films d’ouverture et de clôture, ou des œuvres atypiques qui ne correspondent pas totalement aux critères de la compétition officielle. Elle a été aussi pensée pour présenter des films plus populaires ou spectaculaires


Ces dernières années, Le Comte de Monte-Cristo ou encore Top Gun: Maverick ont été projetés dans le cadre de cette sélection “Hors Compétition”.

Pour cette 79ème édition, les films hors compétition prolongent finalement la même tendance que le reste du Festival : un cinéma davantage tourné vers les auteurs et largement dominé par les productions européennes.


Un film drôle

Le Festival s’est ouvert par La Vénus Electrique de Pierre Salvadori. Un film qui est le plus canois de la selection. Il s’agit d’une comédie romantique qui se passe dans le décors des années folles. Un peintre, Antoine Balestro, (joué par Pio Marmaï) endeuillé est en manque d’inspiration. Son galeriste, Armand (Gilles Lellouche) désespère. C’est alors qu’Antoine fait la rencontre d’une voyante , Suzanne, (Anaïs Demoustier) et le fait mettre en contact avec sa femme morte. Ce qu’Antoine ne sait pas, c’est que Suzanne est en réalité une foraine et qu’elle le manipule, avec l’aide d’Armand. Mais les choses se compliquent quand Suzanne tombe amoureuse d’Antoine.

Avec son mélange de fantaisie, de mélancolie et de romantisme, Pierre Salvadori livre un film qui rend hommage à une certaine idée du cinéma populaire français. Sorti en salles le 13 mai dernier, La Vénus Électrique s’est hissé à la troisième place du box-office avec plus de 280’000 entrées en quelques jours seulement. Il s’agit de l’un des meilleurs démarrages pour un film français depuis le Covid.


un film de fuite et de secrets

Dans un registre beaucoup plus sombre, Guillaume Canet revient à Cannes avec Karma, un thriller psychologique pensé autour de Marion Cotillard. Jeanne a quitté la France pour l’Espagne afin de reconstruire sa vie après avoir grandi dans une communauté religieuse. Son compagnon Matteo ignore tout de son passé. Mais lorsque la police la soupçonne d’être impliquée dans la disparition de son filleul, elle se retrouve contrainte de revenir en France.

La bande-annonce entretient volontairement le mystère. Guillaume Canet a même demandé aux journalistes de révéler le moins d’éléments possibles afin de préserver l’effet de surprise autour du film, attendu en salles le 21 octobre prochain.


Un film de mémoire

L’actualité politique n’est jamais très loin à Cannes. Avec L’Abandon, Vincent Garenq revient sur les onze derniers jours de la vie de Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020 après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet issues du journal satirique Charlie Hebdo.

Sans chercher le spectaculaire, le réalisateur aborde avec intelligence, retenue et sobriété les événements qui ont précédé le drame. Antoine Reinartz incarne un Samuel Paty profondément humain, tandis qu’Emmanuelle Bercot livre l’une des performances les plus impressionnante de ce Festival. Plus qu’un simple récit politique, L’Abandon interroge la vérité, la transmission et la place de la laïcité dans la société française contemporaine. Le film est sorti en salles le 13 mai dernier.


© Droits réservés
© Droits réservés

Une comédie dramatique

Avec L’Objet du Délit, Agnès Jaoui aborde, hélas, un sujet toujours profondément actuel. Dans les coulisses d’une production d’opéra, un scandale d’agression sexuelle éclate. Une production multigénérationelle (Eye Haïdara, Agnès Jaoui, Daniel Auteuil, Claire Chust), où les opinions se confrontent, entre féminisme, rapports de pouvoir et fractures générationnelles. Et fidèle au cinéma d’Agnès Jaoui, le drame n’est jamais très loin du rire. Ce film de troupe est le premier film qu'elle écrit sans Jean-Pierre Bacri.


Même sans Palme d’or à la clé, ces films prolongent finalement la même ambition : défendre un cinéma capable de mêler spectacle, regard sur le monde et émotion.



 
 
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