Sous le regard de Thelma et Louise, Cannes ralentit le tempo
- May 17
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La 79ème édition du Festival de Cannes a commencé cette semaine et c’est parti pour onze jours de compétitions, de projections et de rencontres avec le cinéma du monde entier. Le Festival s’est ouvert avec une cérémonie grandiose, placée sous le regard de l’affiche de Thelma et Louise, un jury éclectique, une sélection officielle très cinéphile et un film d’ouverture, La Vénus Electrique de Pierre Salvadori, qui a fait rire toute la salle.
Une cérémonie d'ouverture qui rend hommage au Cinéma
L’actrice française Eye Haïdara est la maitresse de cérémonie. Elle nous a fait pleuré de rire dans le Sens de la Fête, d’Olivier Nakache et d’Eric Tolédano, elle nous a ému sur le divan de la série En Thérapie ou encore, elle nous a ouvert les yeux dans Frotter Frotter. Et comme à chacune de ses apparitions à l’écran, Eye Haïdara a pris toute la place. Sa place.
Son ode au cinéma, son plaidoyer sur l’intelligence artificielle ou encore la reprise de Get Back des Beatles par Théodora et Oklou ont rendu la cérémonie unique.
Un moment émouvant de la cérémonie reste la Palme d’Honneur donné au réalisateur néo-zélandais Peter Jackson par l’acteur américain Elijah Wood. Réalisateur de grands chefs-d’œuvre tels que Le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson a été ovationné par toute la salle. Lors d’une masterclasse, il a raconté une anecdote sur sa première venue à Cannes. En 1988, il s’était fait expulser du Palais pour avoir porté un short. Monter aujourd’hui sur cette même scène avait presque des airs de revanche.
Peter Jackson a récemment annoncé travailler sur une adaptation cinématographique de la célèbre bande dessinée créée par Hergé, Tintin.
La cérémonie a été déclarée ouverte par deux actrices “dont la simple présence est déjà un événement”, comme l’a si bien résumé Eye Haïdara : Gong Li et Jane Fonda.

Une programmation qui rend hommage au Cinéma
La sélection de la 79ème édition rend hommage aux cinéphiles avec une forte présence du grand cinéma d’auteur : Pedro Almodóvar, Pawel Pawlikowski ou encore James Gray figurent parmi les noms les plus attendus.
La présence d’Andrey Zvyagintsev avec Minotaur fait également figure de surprise. Installé à Paris depuis plusieurs années, le cinéaste russe était absent depuis près de dix ans en raison de sa situation personnelle, de la guerre en Ukraine et de problèmes de santé.
Il revient avec un sixième film centré sur Gleb, un chef d’entreprise russe confronté à des difficultés professionnelles grandissantes dans un monde instable.
Cannes 2026 est une édition plus européenne, avec comme thématique dominante la famille et l’Europe anxieuse et un retour au cinéma plus lent, “contemplatif”.
Et la place des femmes ?
Parmi les 22 films en compétition cette année, seuls cinq sont réalisés par des femmes : Marie Kreutzer, Léa Mysius, Jeanne Herry, Charline Bourgeois-Tacquet et Valeska Grisebach.
Si la situation s’améliore progressivement sur le long terme, la route reste encore longue avant d’atteindre une véritable parité au sein de la compétition officielle.
En parallèle de la sélection officielle, le Festival met également en avant d’autres sections, comme Un Certain Regard. Créée par Gilles Jacob en 1978 pour répondre à la montée en puissance de la Quinzaine des Réalisateurs, cette catégorie valorise les premiers films et les cinéastes venus de pays à la production cinématographique plus rare.
Cette année, le jury est présidé par l’actrice française Leïla Bekhti.

Entre les premiers pas de Marcel Canet sur les marches et l’émotion suscitée par la Palme d’or d’honneur remise à John Travolta, Cannes continue de transformer certains instants en souvenirs de cinéma.
Cette 79ème édition semble déjà dessiner les contours d’un Cannes différent. Moins de tapis rouges ultra-marketés, moins de productions américaines omniprésentes, mais davantage de place laissée au silence, aux regards et aux auteurs. Dans un monde où les images se consomment de plus en plus vite, Cannes continue de défendre un cinéma qui demande du temps. Et c’est peut-être là, aujourd’hui, sa véritable singularité. Entre les projections du matin, les montées des marches et les débats passionnés à la sortie des films, la Croisette continue d’entretenir cette idée presque naïve mais précieuse : le cinéma compte encore.



